CHARLIE HEBDO

27 mars 2015


Bon voilà aujourd’hui je pleure...On est mercredi 7 janvier 2015 et 12 hommes sont morts parce qu’il y a eu un attentat au journal Charlie Hebdo.
Parmi eux il y en a deux dont je connais plus particulièrement le travail et dont j’aimerais dire juste 3 mots.
C’est Cabu et Wolinski.
Cabu parce que ses dessins, quand j’étais toute petite et que je regardais Récré A2, me fascinaient parce qu’ils étaient drôles et qu’ils racontaient toujours ce qui se passait à côté de ce qui se disait, mettant en valeur une autre réalité, décalée et moqueuse. Et parce qu’il dessinait très vite et que je comprenais tout de suite ce qu’il dessinait, sans parfois pouvoir l’expliquer. Je riais avec lui de ses dessins.
Wolinski parce que, aussi quand j’étais petite, je regardais, en douce, ses dessins coquins qui me fascinaient et me faisaient aussi beaucoup rire... je trouvais alors les adultes bien ridicules.

J’aime les images et ces deux hommes-là ont participé à la formation de mon esprit et à ma culture de l’image. Ils ont grandement contribué au regard que je porte sur la littérature jeunesse. Un dessin, ça peut se comprendre sans savoir lire.

Rire en ayant un peu honte, c’est bon, parce que quand même, ça se dit pas. Non ça se dit pas mais ça se dessine, l’indicible.

On peut peut-être continuer à se marrer un peu des choses graves et transmettre ça à nos gosses ?

Voilà.

Lisa

J’ai pas de mots et je ne sais pas dessiner alors je suis bien emmerdée !

le 27 mars. Je suis allée écouter hier Benoît Jacques, un auteur, illustrateur, graveur, dessinateur, éditeur... un homme d’une grande bienveillance qui manie l’humour et les émotions avec subtilité. Qui fait de très très beaux livres. Et il a dit, à propos du dessin que c’était un acte très primitif et essentiel, car tout le monde dessine, même les petits bébés, on commence par gribouiller, oui, mais c’est quand même un moyen d’expression. Après, on est beaucoup à perdre l’envie de dessiner pour de nombreuses raisons. Mais je me dis que c’est peut-être ça aussi qui a été assassiné à Charlie, ce geste profondément humain que tout le monde partage qu’est le dessin.
Il y a eu quantité incroyable de dessins spontanés de la part de dessinateurs, certainement, on est beaucoup d’autres à avoir dessiné dans son coin.
Je vous parle ici de deux livres que je trouve émouvant dans leur démarches aussi bien qu’en regardant les dessins.

La BD est Charlie
Quand je dessine, je peux dépasser