Retour sur investissement

6 mai 2015


HA HA !! Vous voyez bien que ça marche partout les histoires !

Pendant quelques jours en mai, je vais lire quelques livres dans un collège lycée pro.
Voilà, c’est plutôt chouette, ce sont les parents d’élèves qui ont eu envie de faire un petit quelque chose autour de la lecture. C’est dans le cadre de "Lire quel plaisir" un événement national, des établissements privés.
C’est plutôt chouette, surtout parce que je lis des livres à des collégiens et des lycéens.

Et à voir leur tête et à écouter le silence qu’ils font en écoutant les histoires ou début d’histoires (que j’arrête comme les séries américaines, quand il ne faut pas, hein !) eh bien, ça doit leur faire plaisir. A leurs enseignants aussi. Qui ont l’extrême gentillesse de m’accueillir dans leur classe, pendant 15 ou 20 minutes. Je viens briser leurs cours, ils sont au courant, mais ne savent pas quand et surtout, totale confiance, ils découvrent les livres en même temps que leurs élèves. En cours de français, de maths, d’enseignement pro...

Voilà ce que j’ai lu mardi 5 mai
Aux 1ères pro
Plus de morts que de vivants, de Guillaume Guéraud, au Rouergue
suivi de Little man d’Antoine Guilloppé chez Gautier-Languereau
aux 5è
l’ogre au pull rose griotte de Marion Brunet chez Sarbacane

Scotchés après les morts de Guillaume Guéraud, certains ont même pris en note le titre avant qu’il soit sur le tableau. Certains choqués par le langage cru, auquel ils ne s’attendent pas dans un livre, d’autant plus quand il est lu en classe, avec le prof, là... ça fait bizarre. Certains estomaqués par la lecture "mais on dirait pas que vous lisez madame, on dirait que vous nous parlez"... juste ajouté que cette fluidité ne vient pas que de ma lecture (bon un peu tout de même, hein, pas de fausse modestie) mais du travail sur la langue par l’écrivain, pour que ça fasse cet effet là.

Emus aux larmes après la lecture de Little man... et voir des grands gaillards au fond de la classe tout secoués, ça secoue. Et pas de moquerie, pas de gêne, une qualité d’écoute, pas d’incivilités. De l’émotion face à la beauté du travail d’Antoine Guilloppé... "ah je comprends pourquoi il est si cher le livre, même s’il n’y a pas beaucoup à lire" "mais un album c’est quoi madame, c’est une BD que vous allez nous montrer ?" " ça parle de racisme ?"

Et l’ogre, les "petits 5è" en cours de maths, accrochés pour savoir s’ils vont la faire la fugue ou pas. Attentifs, pas un mot, pas un bruit, bon, quelques chuchotements, mais des regards tous levés vers la voix à demander, à la fin comment ils peuvent faire pour avoir la suite...

HAHA des têtes baissés pour imaginer tout seul dans sa tête, pour ressentir, des yeux dans l’histoire. On en parle si vous voulez, pas si vous ne voulez pas. Et non, je ne suis pas là pour vous donner le goût de lire, ce n’est pas moi qui décide de ce que vous aimez ou pas, vous fais découvrir quelques livres. Point. Trop de responsabilités, pas mon boulot. Et pas cette prétention.

"Je vais te donner le goût du jardinage ou le goût de faire un bon gâteau"...grrr, m’énerve, j’aime pas bien qu’on me dise ce que j’ai à faire et à aimer. Je ne sais pas faire, surtout, peut-être qu’à moitié envie d’apprendre à faire. Par contre, j’aime manger et regarder un jardin (pas trop carré, un peu fouilli, sinon, ça stresse un peu).

J’y retourne demain, vous dirai.

Lisette la Plumette.